dimanche 4 juin 2017

11.

j’ai le souffle court et la langue des pluies gronde

j’ai le souffle court et dans le début d’un monde
je me faufile douce et compte les reflets
distinctement fêlés
où tu te faufiles la grâce rayonnante
j’ai le souffle court et j’ai la langue du fouet
incessamment je claque

mais de tous qui connaît celui qui me criera
au plus lourd du tombeau chevauchant les néants ?
mais de tous qui connaît celui qu’interrompra
au plus dur de ce monde entaché quelque lys ?

je me fonds à ce songe où tu passas en maître
Hamlet
                                   puisqu’il faut dire
Hamlet
                                   puisqu’il faut taire
le long poème qui germe dans nos amours

blêmes

une clarté monte jusqu’aux hautes lucarnes
brûlant chaque matin le texte de nos pages
où tombent un à un les traits de nos orages

sage

je parcours l’errance dont tu feras ton règne

dimanche 28 mai 2017

10.

les mots dans une main et leurs rimes dans l’autre

ne m’oublie pas Hamlet et restons côte à côte
une contrariété pèse sur mon oubli
je m’égare parmi les beaux coquelicots
que sema l’étendue où dorment nos enfances
quand gronda le tonnerre abolissant l’écho
et douce et pensive je vais au fleuve aimé
glaner ces reflets que sema notre rencontre

dimanche 21 mai 2017

9.

nomme-moi dans l’errance de mai

avec mon nom trace du silence
les contours éblouissants et lourds

les gonds des portes font des sons sourds
qui transforment ma vie en écho

l’écho en chant le chant en absence
dans les longs couloirs du mois de mai

dimanche 14 mai 2017

8.

prise au secret d’un songe

la maille d’un mensonge
ne dénoue ni ne dit
s’échappe et me saisit
tombant de si haut que mes cheveux s’envolent
au bruit que fait une flaque sous le blanc
une poignée d’ombres rendue à la neige
à laquelle l’aube délicieuse s’agrège

dimanche 7 mai 2017

7.

que cache là la neige ?

« des flocons d’incendie » souris-tu intrigué

et du filet des mains ma tête enfin s’échappe

« toutes ces passantes croisées
échappées
                                                           esquissées parfois »

là je suis là contiens ta nuit

debout auréolée du mystère qui luit

dimanche 30 avril 2017

6.

tu viens près de mon lit étouffer tous les sons

nous importe-t-il de dénombrer les néons

qui nous désorientent nous emportent nous nient ?

de dénombrer encore ?

ma main légère semble agrandir la tienne et

les ronces du fleuve appuient

où il fait bon se blesser

dans la langueur moite de cette nuit lissée

dimanche 23 avril 2017

5.

la lune affûte l’urgence de vivre

la lune affûte ici sur l’océan
la nonchalance d’un rayon de givre
qui germe le jour dans l’œil d’un géant
dans le décor de mes émois adolescents

dimanche 16 avril 2017

4.

dans les ronces du jour

le sable est double et bouge
la terre est meuble et rouge
des eaux de mon plaisir du sang de mes amours
affluant aux lèvres coupables et capables
de démêler les ronces
m’attirant à ta nuit

dimanche 9 avril 2017

3.

porteur de mirages tu viens

te grisant de rires grandioses
sous les nébulosités froides
ta main est chaude et tu m’étreins

saurais-je t’aimer autrement
autrement que cette ombre longue
aux muscles de sable et de soir
autrement que cette ombre longue
que l’on nomme songe le jour ?

saurais-tu reconnaître l’ombre
tourner autour et l’annoblir
de ta langue qui m’aima tant
de ta langue qui m’aimanta ?

les herbes d’eau languissent
et la barque se courbe
du salut de ton lit
sous mon corps doux d’amante où sourd un jour de lys

dimanche 2 avril 2017

2.

la lune boit à mon mystère

jouant

quand mes phalanges se desserrent

jouant

et quand la porte ouvre et dérobe
au souffle le corps au corps l’ombre

près de la halte initiale
à la fenêtre se condense
le reflet de ma chevelure
poisseuse d’une soie sans couleurs ni douceur

dimanche 26 mars 2017

1.

dans la rosée glissent les lys

traçant vaguement mes iris
un tremblé libère le geste
en amont portant la caresse
mêlant la nuit à la caresse
à la nuit l’encre l’encre au trait
grâce auquel tes lèvres dessineraient ma bouche

un tremblé danse dans les herbes

folles

sous l’écorce des vêtements

danse

disperse ce qui nous sépare
unit ce qui nous désoriente
près d’un cercle
près d’un vide
irisé
où ma chevelure dort absorbant la rosée